Communiqué de presse de Nature et Progrès


LA CERTIFICATION HVE : HAUTE VALEUR CONTRE L'ENVIRONNEMENT


Alès, le 29 septembre 2009


Après les députés, les sénateurs s'apprêtent à instaurer avec la loi Grenelle II une nouvelle
certification des exploitations agricoles.
Avec trois niveaux de contraintes différents, dont les deux premiers se contentent de qualifier le
respect de la réglementation générale, ce nouveau label "Haute Valeur Environnementale" (HVE) va
avant tout ajouter de la confusion dans l'esprit des consommateurs. Cette confusion ne vise selon
nous qu'à affaiblir l'agriculture biologique, plébiscitée par les consommateurs.


1. En n'interdisant pas explicitement le recours aux pesticides, en laissant entendre que l'utilisation
de pesticides ou d'OGM peut être favorable à l'environnement, la certification HVE va rendre leur
utilisation obligatoire. Par exemple, au prétexte de risques sanitaires facilement maîtrisables par des
méthodes naturelles, elle interdira l’emploi des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (comme
le purin d'ortie) qu'un récent décret condamne à se voir refuser toute Autorisation de Mise sur le
Marché. L'utilisation des pesticides toxiques, seuls à disposer de cette autorisation, deviendra de
fait un passage obligé.


2. En imposant, comme toute certification, un excès de bureaucratie, une charge financière directe
pour son contrôle et des contraintes inaccessibles aux petites exploitations diversifiées, elle
accélèrera leur marginalisation puis leur disparition.
Ainsi, un petit maraîcher de montagne qui pratique l'agriculture biologique sur les seules terres de
fond de vallée disponibles en bord de rivière se verra exclu au prétexte qu'il lui faut y cultiver des
bandes enherbées et y conserver des friches baptisées "infrastructures écologiques". A contrario, un
gros exploitant utilisant des pesticides et des engrais polluants se verra qualifié HVE au prétexte qu'il
dispose d'assez de terres pour ne pas en épandre sur les quelques mètres qui bordent la rivière, et
pour louer ses bois inexploités à des sociétés de chasse.
Le respect de l'environnement ne peut pas résulter de contraintes bureaucratiques décidées dans
des bureaux parisiens. Il nécessite des mesures simples comme l'interdiction des produits chimiques
de synthèse et des OGM. Rappelons que définir les contraintes appropriées à chaque territoire ne
peut se faire qu’avec la participation de l'ensemble des acteurs locaux.
Nature & Progrès appelle les sénateurs à refuser ce détournement grotesque des aspirations de la
population à plus de respect de l'environnement par les agriculteurs.
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